lundi 21 septembre 2009



Dans un jardin fabuleux aux confins d'une lointaine province?
Les filles de Septembre.
Hespérie, Aéglé, Erythie, les nymphes ailées du Couchant, aux vergers des Hespérides des fruits mauves, en abondance, aux branches graciles des arbres dégingandés, suspendus.
Des prunes.
Fruits merveilleux un rien fessus, maintenant cueillis et en pots de confitures rangés, viatiques assurés pour le voyage d'hiver annoncé.

J.C. Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

samedi 12 septembre 2009



Les Amours du Poète. Strasbourg parc de l'Orangerie.


Septembre tout en tendresse, un peu de l'été encore mais, au passé toutefois engagé aux couleurs atténuées de ce qui a été et qui n'est plus tout à fait et, se fait oublier doucement, en camaïeux aux contours indécis des souvenirs, ainsi toujours plus estompés, jusqu'à nous confondre dans les limbes des rêves où, morts depuis longtemps, nous le savions à peine,
"Sie waren längst gestorben
Und wusten es selber kaum". Heinrich Heine.

Bah! Il nous reste à demeure, les éphémères de l'amour, au-dessus de l'eau qui ruisselle, les putti polyester d'une mémoire peut-être constante dans le temps au rituel des éphémérides.

J.C. Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

mercredi 26 août 2009



Samedi, 15 Août.
Trémentines-Nuaillé, Maine-et-Loire.

L'assomption de l'immaculée conception, oui, ici dans cette prairie au soleil d'Août dans sa quintessence au quinzième jour, elle, entourée de ses anges ménines dans l'accomplissement du miracle de son élévation, enlevée dans une lente lévitation, portée par cet indicible amour au Grand Maître Seigneur du Tout et du Rien et, de s'élever encore jusqu'à perte de vue dans l'azur céleste de l'atmosphère et de se fondre enfin, dans l'éternité de son éternel retour...
Selon le corpus de textes apocryphes appelés collectivement le "Transitus Mariae".

J.C. Tannenaum, directeur de la station d'art météorologique.

mercredi 29 juillet 2009



Montluçon, Allier.

Les Alizarines Crimson, de Juillet finissant, des moiteurs d'orages alourdies, hors de l'étole purpurine, tégument des lentes perspirations, développent leur déplacement vers un ailleurs indéterminé.
A un retour administrativement bien déterminé cependant, elles sont contraintes, impérativement astreintes à la très Haute Autorité du calendrier très romain.

Observations de J.C. Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

samedi 4 juillet 2009




Juillet, aux prémices de l'été, alors que, à jamais l'été ne se décline qu'au passé ; de ce qui a été.
L'été, un temps énigmatique au sourire sibyllin, toujours conjugué au passé composé.
Une illusion au participe passé de l'être, dans l'été d'un rêve radieux... mais radieux, toujours avec un et sous x.

J.C. Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique de Strasbourg.

lundi 22 juin 2009



6-7-8-9-10-11-12-13-14-15-16-17-18-19-20-21 Juin...
arithmétique des jours; art rytmique des jours confondus en un seul -16, la somme d'une addition, qui = seize: en un seul nombre, tous ces jours confondus, dans le souvenir cotonneux des tièdes clartés, aux alternances obscurcies.
Juin, de floconneux assemblages très rebondis, en mols étirements au-dessus des campagnes qui laissent flotter ainsi, la vague déception d'un attendu non venu;
art-thèmique de la pluie et du beau temps désabusée.

Strasbourg.
J.C. Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 5 juin 2009



Dimanche de Pentecôte.

Bazincourt-sur-Saulx, Meuse.
Nous étions tous là, réunis dans cette campagne ensoleillée où l'on nous avait enjoint de nous rendre. Nous attendions quelque chose, un événement, une observation météorologique particulière à relever? Aucune précision ne nous avait été communiquée, aussi étions nous là, à attendre, entre collègues météorologues, à bavarder.
Et, subitement, sans que rien ne l'annonçât, un phénomène terrifiant se déclara, dans un fantastique éblouissement jusqu'à l'aveuglement, nous fûmes dardés par des lances de feu dans la stupéfiante révélation... du Saint-Esprit.
Des lances ou des langues de feu, nous ne saurions nous prononcer.
La question reste posée.

Témoignage de J.C. Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.