dimanche 26 décembre 2010


Wingen-sur-Moder, Bas-Rhin.

Vingt-cinq Décembre, jour de fête

au ciel livide d'hiver la défaite,

des étendues blêmes de neige couvertes

au rien à attendre ouvertes.

Alors, elles filent,

à tout ce vide inutiles,

elles se défilent, filles nubiles

du grand froid qui tout annihile.

Triste état de désaffection

de la vanité de toute occupation,

il nous reste la pelle en bois

à racler la neige toutefois!

Ainsi du rien à faire sauvé,

une misérable activité de stupidité

comme seule destinée,

par la mansuétude du ciel nous est donnée.


J.C. Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


mardi 7 décembre 2010



Il neige

aujourd'hui encore,

à tout salir de noir et de beige.

Schneewitschen, lampadophore

lamentable de ce triste décor,

fée pernicieuse des vicissitudes

du nez, au pied des engelures, les turpitudes.

Wintermärchen dites vous?

Des émerveillements de garde-boue,

le voyage d'hiver chasse roue,

dans les scintillements de l'au-delà glacial échoue.

Ainsi à l'Etoile des Neiges des perfides artifices

rendu, au chant grave d'un de profundis!


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


jeudi 25 novembre 2010



Saint Priest-Palus, Creuse.


Alors les Effeuillantes bousculées

Aux vents de novembre entourbillonnées

Des journées qui peinent à se lever,

Par des sombres stratus enténébrées.

Des rapides éclaircies cependant

En grisailles de tendresses nous surprenant,

Clairs obscurs aux illuminations inattendues,

Dans l'opacité du ciel très vite perdues.

Des campagnes effeuillantées, les sedums,

Pâlichonnent encore, mais sous le peplum

Pesant des mauvais jours, étouffés,

Par la condamnation sans appel du pouce baissé.

Ce qui, en toute bonne raison,

Procède, sans conteste, d'un jugement de saison.


J.C Tannenbaum directeur de la station d’art météorologique

jeudi 18 novembre 2010



Chassey-lès-Scey, Haute-Saône.


Des pourrissements tout à l'alentour

Il reste les sedums, vivaces encore et toujours,

Aux chairs de belles fermetés de succulentes,

Comme caoutchoutées, d'épaisseur réconfortante

Aux brillances de glacure des texture charnues

Des tiges et des feuilles ovales dodues,

Des fleurs, à la guimauve de rose blanchie un peu pareilles,

A une même appétence pour ces ductiles douceurs éveille.

Les gris subtiles de ces plantes de rose et de vert grisé,

De couleurs semblables à ces brumes diaprées,

Si légères sur les campagnes suspendues, accrochées

Comme le sont ces rideaux de cotonnades ajourées,

Aux fenêtres des maisons contandines engourdies

Dans l'automne au confort paisible endormies.


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique

dimanche 31 octobre 2010



Origny-Sainte-Benoite, Aisne

Voici, des brumailles rosissantes de bleutés lazurées
Le ciel des faibles transparences, par elles encore caché.
Les filleules d'automne aux pudeurs des brouillards.
Si, pour l'heure quelque peu couvertes, plus tard
Tout de leur paysage, de plein jour,
Nous sera montré, des collines arrondies, au pourtour
Du val de l'aine, jusque au hallier touffu et sombre
Où, se laisse deviner dans le sillon des ombres,
Les fleurissements qui ignorent les frimas déjà venus.
Maintenant les filleules des brumes dévêtues,
S'égaillent dans le jour dévoilé
Au spectacle de sa nudité révélée.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

samedi 23 octobre 2010



Crève-coeur-le Grand, Oise.


Arrière saison toujours,

Des lumières du jour,

Les halogènes orangés du décevoir,

Si vite venu maintenant des soirs,

Alors que, si bleues encore, les centaurées

Au temps aboli espéré,

Ne sont que le fugace sursis

Aux moisissures du repli

Des feuillures, bientôt entassées

En composte fuligineux, condamnées.

Alors, venez ma chère!

De ces pourrissements, avec moi, vous défaire!

Nous ne saurions nous résoudre,

A dissoudre,

Dans ces noires liqueurs,

Pour nous transporter au meilleur,

Les espaces azurés des jolies centaurées

Aux ailleurs de leurs couleurs bleutées!


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


mercredi 13 octobre 2010



Dans un jardin quelque part.


Le jardin va se mauvissant sous la lumière comme tamisée par une gaze légère et de leur rosure atténuée, les hortensias palissent aux couleurs passées des harmonies dégradés, à l'heure de ce que l'on nomme l'arrière saison, déjà engagée.

- Venez, lui dit-elle, de l'été vous n'aurez plus la grâce!

- Au loisir du souvenir maintenant, de la tulle sans poids, vous tisserez l'étoffe de ce qui a été et qui ne sera plus, au fil à fil de l'étole d'un rêve évanescent, dans la pénombre s'amplifiant de l'arrière saison et, de sa disparition dans les ténèbres de la nuit venue, sans nul chagrin, au bien être de l'oubli.


J.c. Tannnenbaum directeur de la station d'art météorologique.