dimanche 8 mai 2011



Saint-Yrieix-la-Perche, Haute-Vienne


Au-dessus de la plaine

Mêlés aux altos stratus qui traînent

Nous voyons les mêmes qui s'aiment

D'Avril à Mai, du pareil au même.

Ainsi portés, sans pesanteur

Dans le ciel céruléum enjôleur.

De rose et de blanc poudrés

En bas, les jardins ensoleillés.

Tout en fleurs, sont couronnés.


Mais les jardiniers sont inquiets,

De cette terre si peu mouillées

Ce trop beau temps est contesté

Fâchés ils vont à manifester

Et sommer la météo de laisser

Enfin, de l'eau tomber.

Ce mouvement quoique très syndiqué

Demeure sans effet!


Des amants, la haut à l'amour livrés,

Cette revendication est ignorée,

A la suavité de leur bonheur trop occupés,

Comme des citadins, qui vont se promener

Ou au bord de l'eau se baigner,

A l'insouciance de Mai abandonnés.


Alors le météorologue a été sollicité

Pour faire tomber la pluie d'autorité.

Mais, à ne qu'observer

Le climat sans pouvoir l'influencer,

Il s'est fait rudement conspuer

Et injustement malmener,

Au non de ce joli mois de Mai,

Maintenant damné,

Lui qui n'en peut mais!


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.



lundi 18 avril 2011



Villanelle d'Avril.


Avril

Au glockenspiel

Des campaniles,

Agile au fil

Du temps qui défile,

S'enfile bien habile

Dans l'indocile juvénile,

Au babil de l'idylle

Volubile il jubile,

Joli vaudeville

Si fragile et futile,

Au mouvement vacille

De l'air volatile

D'Avril.


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


vendredi 1 avril 2011



Sainte-Gauburge, Orne.


Dans la gaze légère

Qui dans le ciel clair

Se développe aérifère,

S'enveloppent les passagères,

Et disparaissent,

A d'autres promesses

Elles s'effacent,

Laissent la place,

A celles suivantes,

Les remplaçantes

Déjà venantes,

Les nouvelles occupantes,

Du ciel amarante,

Les volatiles figurantes,

Les filles d'Avril

Versatiles prennent asile.


A quelles intempérances

Du temps les turbulences

Pourraient-elles être soumises ?

De ces augures elles restent indécises!



Et du météorologue l'observation :

" Selon le dicton,

la recommandation,

d'Avril des facéties

tu te défies."


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


samedi 5 mars 2011



Saint Mamet-la-Salvetat, Cantal


Et les voilà de retour,

Les Mars, pour un séjour

comme sur un mouchoir

pourrait-on croire

sur ce carré de toile

sur lequel elles volent à voile

par le vent d'Est poussées

des voilures retroussées

un peu dénudées

déjà, au soleil montrées,

elles sont là de passage

bien sages au vagabondage

des bavardages de bon pressage

qu'elles propagent

aigrelets

dans l'air frais...


J.C. Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


mardi 22 février 2011



Cosne-Cours-sur-Loire, Nièvre.


Février.

Au pied levé,

non, rien n'est gagné!

Sous l'étoffe cachée,

la seconde, dans l'envolée

avec elle emportée,

sans pouvoir lui demander

où elle va la porter,

un voyage sans dessein,

enveloppées dans un même destin

poussé aux aléas du vent,

par ses caprices pour longtemps,

elles sont transportées par ci par là,

ça et là...

Mais que font-elles là ?

Foi de météorologue, je ne le sais pas !


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

lundi 14 février 2011



Vesaignes-sous-Lafauche, Haute-Marne.

Ah! Janvier long corridor

couloir vide et mort

qui peine à finir

avec pour seul avenir

de nous corridorer,

enfin! sur Février,

hiver toujours,

certes! mais il est court

le voici, maigrelet

peut-être, mais aigrelet

vif et ensoleillé,

déjà disposé

au réveil printanier,

suivi de canéphores ?

Aux paniers vides encore,

voyons! vous y allez fort,

de prime abord,

ce n'est qu'une métaphore

l'heure n'est pas encore

aux boutons d'or !


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 21 janvier 2011



Saint-Sulpice-les-Feuilles, Haute-Vienne.


A la couleur du ciel grenadine

Chlorhydrate de Lercanidipine,

De cette chimie elle sont les éponymes

Que les deux par le de, en une seule anime,

Par cette particule de l'une à l'autre éprises.

Aristocrates molécules indivises,

Que plus rien ne divisent,

A leurs corps à corps soumises,

De bon gré mal gré

Par les vents portés,

Avec les couleurs du soir elles se vaporisent

Dans les atmosphères, à toute éternité promises.


Mais dites moi,

Monsieur le météorologue, pourquoi

Cette surprenante médecine,

De pharmaceutique officine

Par quelque forte tension

Le ciel serait-il en congestion ?

Ces rousseurs par lui portées

Seraient-elles signe de mauvaise santé ?


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.