lundi 19 août 2013

Fait-Divers.







Longemer, Vosges.

Il l'a tellement convoitée durant cet été,
Alors sur Podagyre cheval des rêves enfiévrés,
Le voilà au-dessus des flots emporté
Dans une chevauchée du désir exaspéré, 
Pour enlever Cyllène de son royaume des eaux,
La ravir et enfin assouvir sa terrible libido,
Au grand effroi de ses soeurs les Limnades,
Que menacent du cheval les brutales ruades,
L'homme et la bête dans une même furie,
Sont déchaînés dans la sauvagerie de leur folie,
Fantasmagorie que plus rien ne contrôle,
Dans cet ouragan la malheureuse s'envole,
Sans retour promis, à jamais meurtrie,
De ces intempéries irrévocablement flétrie.
Et puis, quand tout est fini
Et que s'installe l'oubli,
Restent les anales de la météorologie
Qui, d'un fait- divers font la mythologie.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 9 août 2013

L'être et l'étang.




Les rives du Rhin.

Et toujours ces étangs le long du Rhin,
Très fréquentés soir et matin,
Au soleil, des flots les éclaboussures,
De l'été l'écume des jours,
Et, ces dames dévêtues à la baignade,
Seraient-elles de l'esprit des eaux les naïades?
Si bien occupées  à des jeux puérils
Quand le temps invite au futile,
Tout à la légèreté de l'être,
Elles batifolent dans l'étant champêtre
En gerbes de gouttelettes atomisé,
De ci de là projetées, 
A leur grand bonheur dissipé.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 2 août 2013

Léthé.





Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Vendée.

Serait-ce la Vénus anadyomène
Qui malgré lui elle entraîne
Au comble des chaos aquatiques             
Des pulsions thermodynamiques
Par les chaleurs de l'été induites
L'enlever comme dans une fuite
Hors de l'eau ils s'élèvent au plus haut
Des nuages les châteaux d'eaux
Splendides demeures des fraîcheurs
Des divines ablutions le bonheur
Sublimes palais des félicités
A leurs  effusions dédiés
Quand coulent dans leurs baisers
Les flots suaves du Léthé.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

lundi 22 juillet 2013

Les gravières.





Lauterbourg, Bas-Rhin.

Des journées entières au temps solaire
De Juillet, à s'ébrouer dans les gravières
Qui seraient comme des oasis le long du Rhin
Et qui pour un été les appellent au bain.
Ils sont tous là comme ces animaux
Qui en Afrique rejoignent les points d'eaux,
Toute cette population maintenant aquatique
A l' équanimité de que ce fut leur vie amniotique?
Pour retrouver quand il fait si chaud les eaux
Perdues qui maintenant leur font défaut
Et revenir ainsi à leur origine d'âme humide,
Issue d'une solution liquide?
Voici le temps des éphémérides limpides
Livrées aux seules rides fugitives des fluides.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

mardi 16 juillet 2013

Oiseau vole.



Saint-Rémy-sur-Avre, Eure-et-Loire.

Oiseau vole
Le temps au plus beau s'envole
Et dansent les roses trémières
Au vent léger primesautières
Doucement elles balancent
Avec élégance et nonchalance
Aux  couleurs de l'insouciance
D'une journée d'été la bienveillance
Quand graciles et sans méfiances
Elles font de tendresses les confidences
Livrées au vent de l' été
Par lui emportées sans les écouter
Et bien vite oubliées
Au temps passé de l'été effacées.

JC Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

mercredi 3 juillet 2013

Climat.








Chalampé, Haut-Rhin.

De réchauffement, comme c'est étrange,
En froid la planète se change,
Comme quand l'éther
Suscite un froid courant d'air,
Principe aussi du réfrigérateur
Qui fait du froid avec la chaleur.
Alors rien de paradoxal
A ce résultat fatal,
Un climat malade
A flétrir nos salades!
Il serait, disent les climatologues,
De nos sanies, le triste épilogue,
Au temps maussade
Des vaines jérémiades,
Il nous reste à regarder, l'esprit chagrin,
Tomber la pluie sur le boulingrin.

J.C Tannenbaum artiste-peintre sculpteur, ingénieur météorologue.

vendredi 21 juin 2013







Juin, Neuried - Ortenau.

Le ciel est calme sans alarme,
Nonchalants des alto-stratus planent
Et s'étirent dans des lentes blancheurs
Dans la douceur de molles vapeurs
Au-dessus des jardins en fleurs,
Où dans la quiétude de l'heure
Rien d'un chagrin n'affleure.
Nous les avons vus enfants sages,
Planer comme des nuages
Sur les campagnes candides
Dans le ciel splendide et vide
Junon, Pronuba, Lucine, une supposition
Pour leur prêter un nom
Et nous donner une explication
D'une bonne raison à cette saison
Avec toutes ces fleurs,
Peut-être en leur honneur?
Réponse possible, pourquoi pas,
A ce fugace bonheur ici-bas.
Par la faveur de leur rapide passage,
Sans doute ce jour sans dommage.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.