lundi 25 novembre 2013

Effet alcyon.







Saint-Benin-d'Azy, Nièvre.

Un courant d'air sévère
Agite l'atmosphère
Qui serait un effet alcyon
Semblable à celui papillon,
Quand de ses ailes en mouvements,
Il provoquerait de terribles tourments,
Déplacements à tire d'aile pervers,
A mettre en péril tout l'univers,
Ainsi livré au chaos fractal
Par ces infimes battements fatals.
Dieu! qu'elle est précaire cette installation 
Q'un souffle d'air menace de désintégration. 

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

mardi 19 novembre 2013

Coquecigrue.







Putanges-Pont-Ecrepin, Orne.

Dans le ciel un peu mauve
Comme en fuite ils se sauvent.
Apeurés par ce curieux animal
En-dessous d'eux, un peu bancal?
Un oiseau semblerait-il de malheur,
A mauvaise augure qui leur fait peur,
Alors que le vaste espace céleste
Est vide de toute alarme funeste,
Les voilà à fuir comme menacés,
L'épée tirée pour se protéger,
Terrifiés par cette coquecigrue bigarrée!      
Pauvres êtres toujours inquiets
De ce monde et de ses étrangetés.
Quand l'inconnu les affole,
Les voilà qu'ils s'envolent,
Fébriles  comme des étourneaux,            
Ils ne connaissent jamais de repos.

J.C Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

mardi 5 novembre 2013

Neuvaine.




Rozoy-sur-Serre, Aisne.

Novembre décrit son ellipse
Au soleil fugace le jour vite s'éclipse,
L' étoile maintenant paresseuse
Laisse les terres vaseuses
En molles éponges d'humus,
Alors comme une ombre, Ophiuchus
Décrit sa courbe et avec lui emmène,
Celle qui de l'automne chante une neuvaine
A tous ceux disparus, ensevelis,
L'oraison aux feuilles pourries.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


mercredi 30 octobre 2013

Horaire d'hiver.






Dompierrre-sur-Besbre, Allier.

De l'été, oubliés les horaires solaires.
Maintenant ceux des pâleurs de l'hiver
Laissent tomber leur voile sur le jour
Comme une tristesse de désamour
Quand faiblit le feu de la passion
A l'économie des basses tensions
Dans la mélancolie des pénombres
Quand, atone la vie sombre
Dans la somnolence de l'aboulie
Où, dans la grisaille tout s'évanouit.

Mais dans le ciel nous avons observé
Des témoins attardés de l'été passé
Ils sont là encore qui, en vols circulaires,
Nous disent adieu avant de disparaître,
Comme ces oiseaux qui dans le ciel s'étirent
En trilles stridentes pour finir dans le nadir.

J.C. Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.



lundi 21 octobre 2013

Le Saint-Rosaire.






Lumigny-Nesles-Ormeaux, Seine-et-Marne.

Octobre honore le Saint-Rosaire,
Anniversaire d'une guerre
Gagnée sur les impies à Lépante naguère
Grâce à l'intercession de la très Sainte-Mère.

Ainsi avec Octobre, quand les roses se fanent,
S'égraine le rosaire de la Sainte Dame,
Le boulier sacré des oraisons mystiques,
D'un pieux décompte d'Ave arithmétiques,
Aux psalmodies des ferveurs catholiques,
La patiente incantation métaphysique,
Sous le ciel d'Octobre énigmatique
Comme un mystère de lumière erratique
Où se confondent les âmes fantomatiques
Au miracle de la révélation extatique.

Ah! du chapelet les boules au bout des doigts
D'un grand émoi l'indicible acte de foi.


J.C Tannenbaum directeur de le station d'art météorologique.

samedi 28 septembre 2013

La Licorne.





Saint- Vit, Doubs.

En douceur atténué un ciel d'automne,
Du rose des pudeurs la licorne unicorne,
Sortie du dessus de la tête l'excroissance
Epée de Dieu dit-on, à inoculer les semences
Du Saint-Esprit aux fluides de la transcendance 
Dans le jaillissement sublime de la connaissance,
Là sous les bosquets aux feuillages jaunissants
Où se joue la joute saugrenue du renaissant        
Fatalement obstinément, le recommencement 
Des cycles de l'engendrement des étés suivants, 
Dans la confusion des auxiliaires intimement,
A l'éternel retour dédié bien évidemment,
De revenir ainsi toujours inlassablement,
Régulièrement, jusqu'à la fin des temps,
N'est-ce pas ce que l'on prétend?

J.C Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 6 septembre 2013

Un sceptre d'ambre.





Saint-Mihiel, Meuse.

Septembre de l'été déclinant le roi tendre
A sa cour qui l'a aimé il tend son sceptre d'ambre
Il livre ainsi  de son mois les fruits en offrande
Ses courtisans  tendent les lèvres gourmandes
De leur concupiscence, pressés de succomber
Au plaisir par le sceptre du souverain donné
Qui, quand de sa munificence il les aura comblés
Alors épuisé il ira un peu dépité se retirer
Vers un ailleurs et les délaisser, livrés au regret
A se morfondre et attendre le retour du bien aimé
Et  dans les caves comme dans une banque à conserver
Les fruits de la félicité dans des bocaux bien fermés.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.