mercredi 26 août 2009



Samedi, 15 Août.
Trémentines-Nuaillé, Maine-et-Loire.

L'assomption de l'immaculée conception, oui, ici dans cette prairie au soleil d'Août dans sa quintessence au quinzième jour, elle, entourée de ses anges ménines dans l'accomplissement du miracle de son élévation, enlevée dans une lente lévitation, portée par cet indicible amour au Grand Maître Seigneur du Tout et du Rien et, de s'élever encore jusqu'à perte de vue dans l'azur céleste de l'atmosphère et de se fondre enfin, dans l'éternité de son éternel retour...
Selon le corpus de textes apocryphes appelés collectivement le "Transitus Mariae".

J.C. Tannenaum, directeur de la station d'art météorologique.

mercredi 29 juillet 2009



Montluçon, Allier.

Les Alizarines Crimson, de Juillet finissant, des moiteurs d'orages alourdies, hors de l'étole purpurine, tégument des lentes perspirations, développent leur déplacement vers un ailleurs indéterminé.
A un retour administrativement bien déterminé cependant, elles sont contraintes, impérativement astreintes à la très Haute Autorité du calendrier très romain.

Observations de J.C. Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

samedi 4 juillet 2009




Juillet, aux prémices de l'été, alors que, à jamais l'été ne se décline qu'au passé ; de ce qui a été.
L'été, un temps énigmatique au sourire sibyllin, toujours conjugué au passé composé.
Une illusion au participe passé de l'être, dans l'été d'un rêve radieux... mais radieux, toujours avec un et sous x.

J.C. Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique de Strasbourg.

lundi 22 juin 2009



6-7-8-9-10-11-12-13-14-15-16-17-18-19-20-21 Juin...
arithmétique des jours; art rytmique des jours confondus en un seul -16, la somme d'une addition, qui = seize: en un seul nombre, tous ces jours confondus, dans le souvenir cotonneux des tièdes clartés, aux alternances obscurcies.
Juin, de floconneux assemblages très rebondis, en mols étirements au-dessus des campagnes qui laissent flotter ainsi, la vague déception d'un attendu non venu;
art-thèmique de la pluie et du beau temps désabusée.

Strasbourg.
J.C. Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 5 juin 2009



Dimanche de Pentecôte.

Bazincourt-sur-Saulx, Meuse.
Nous étions tous là, réunis dans cette campagne ensoleillée où l'on nous avait enjoint de nous rendre. Nous attendions quelque chose, un événement, une observation météorologique particulière à relever? Aucune précision ne nous avait été communiquée, aussi étions nous là, à attendre, entre collègues météorologues, à bavarder.
Et, subitement, sans que rien ne l'annonçât, un phénomène terrifiant se déclara, dans un fantastique éblouissement jusqu'à l'aveuglement, nous fûmes dardés par des lances de feu dans la stupéfiante révélation... du Saint-Esprit.
Des lances ou des langues de feu, nous ne saurions nous prononcer.
La question reste posée.

Témoignage de J.C. Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 29 mai 2009



Dabo, Moselle.

Le ciel ici, aujourd'hui, a-t-il été le même très autrefois, celui que le comte de Dabo voyait du haut de son rocher fortifié? Il n'aura pu voir que ce que je vois, le ciel immense au-dessus des sapins. Un ciel impavide, quoique très agité d'orage aux brutales turbulences, avec des bouffées épaisses de nuages aux presque noires couleurs indigo foncé, comme celles échappées de brutales canonnières.
Et, après coup, les canonnades apaisées laissent traîner de molles écharpes grises, allant s'échapper, en s'effilochant dans les arbres, alanguies, s'évaporer dans le ciel calmé, comme si de rien n'avait été.

Le directeur de la station d'art météorologique  J.C. Tannenbaum. 

mercredi 20 mai 2009



Le ciel état d'âmes.

Les âmes, les corpuscules qui voltigent dans l'air.
Toujours en mouvement, elles virevoltent à corps perdus dans l'air et, celui du ciel, leur état.
Elles sont comme les virgules d'une ponctuation. La respiration d'un discours, car "à l'âme appartient le discours qui s'accroît lui même". Si l'on en parle ainsi, c'est que ces petits corps paraissent toujours se mouvoir, quelle que soit d'ailleurs la profonde tranquillité de l'air. C'est par la même raison qu'Ils ont dit que le souffle est la mesure même de la vie. Parce que ces particules de l'extérieur, pénètrent dans le corps durant la respiration. Elle constituent ainsi les corps qui sont les entéléchies de l'abandon, dans le temps des éphémérides, à corps perdus.

Lectures, le directeur de la station d'art météorologique J.C. Tannenbaum.