lundi 22 août 2011




Saint-Hilaire-de-Briouze, Orne.


Des spirales comme formées

Dans une étoffe plissée

Qui serait par le ciel aspirée

Pour en orage se constituer,

Qui effectivement, en fureur a éclaté

Et en lambeaux l'aurait déchirée,

Le ciel ainsi par tant de brutalité,

Fut très rapidement dévoilé,

Pour révéler une campagne apaisée.

Avec les Canicules à nouveau installées,

Comme si de rien n'avait été.

Et, rassurés, les saucissonneurs de l'été,

Poursuivent leurs bamboches, en état d'ébriété.


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

samedi 13 août 2011



Saint-Yrieix-la-Perche, Indre


Plis et contre plis

Août aux pluies

De dépit se replie

Comme rabougri

Dans son surplis

Tel un abri

Etole cramosie

Pour défi

Au temps qui fuit

Tout gris.



J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

dimanche 24 juillet 2011



Silly-Tillard, Oise.


"Comme vous, déconcerté

Par les tourments du ciel de ce Juillet

Je suis en mesure de vous les expliquer

Par ce conflit que j'ai pu observer.

La raison en est

L'histoire d'Illet et de Juyet

Par Lunieäe chassées

Leur mère, très fâchée

Qui ne pouvait tolérer

Qu'elles puissent s'aimer,

Alors qu'elle les destinait

A d'ambitieuses alliances

Défaites par cette délinquance.

Maintenant livrés au courroux

Des Titans qui ne seront pas les époux

Astréos et Pallas, leurs représailles

Perturbent le ciel qui défaille

Par toutes sortes de désordres agité,

De nuages madères pommelé,

Inquiétants pressages

De bien triste ménage.

Qui n'inclinent guère au badinage

Cependant ne seront que désagrément de passage,

L'affront par les Titans oublié

Qui à d'autres amours seront bien vite appelés."


Ovide, Juillet de l'an 9 ap. J.-C.


Lecture de J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.



dimanche 17 juillet 2011



Villaines-la-Juhel, Mayenne.


au grand ciel gris

il fait pluie

du temps qui fuit

au-dessus du pays

elles planent sans ennui

des molles intempéries

elles ne se soucient

saisies des amnésies

où tout s'oublie

et comme la pluie

tout adoucit


J.C Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.


samedi 2 juillet 2011



Romorantin Lanthenay, Loir et Cher.


Tiens, déjà, doucement Juin,

Aux roses trémières, s'est éteint!

Les trémières elles, resteront dans le jardin,

Petits entonnoirs bien ouverts, jaunes et carmins

Accrochés aux tiges longues et graciles,

Elles se balancent grandes filles nubiles.

Comment sont-elles venues ici ?

Semées par le vent comme par magie ?

Ou par les fientes d'oiseaux déposées ?

Orphelines du hasard pupilles de l'été

Par lui protégées, en florilège coloré,

De Juin maintenant oublié,

Elles lui disent avec Juillet

Leur fidélité renouvelée.

Au serment à l'éternité dédié

A l'aura été de l'été désavoué.


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

jeudi 9 juin 2011



Kilstett, Bas-Rhin


Toujours sur les rives du Rhin

Nous observons, comme sortie du bain,

Toute une féminitude au-dessus des flots,

Serait ce celle des esprits de l'eau ?

Dans les embruns s'élevant

Appelée par cet être pesant

Au-dessus d'elle suspendu

Beau jeune homme un peu pansu

Qui, de son magnétisme puissant

Mû par un organe bien apparent

Tel un aimant les attirant,

De ce gynécée serait-il l'amant ?

Appelé à travers ces filles à générer

La naissance de l' Eté ?


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


lundi 30 mai 2011




Drusenheim, Bas-Rhin.


Et nous les vîmes jaillissant de l'eau,

Les filles du Rhin, ce matin très tôt

Entre elles dans les embruns enveloppées,

Associées comme dans un gynécée

Fortuitement à nos yeux indiscrets révélé,

Le spectacle de leur intimité aux occupations

Sans doute de leurs matutinales ablutions,

D'un homme accompagnées qui, pourrait être

De toutes ces femmes du fleuve, le Père

Qui les enlève, placé tout en haut,

Vers quelle destination hors des flots ?

Les soustraire peut-être, le jour venant

Au regard indécents des passants ?


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.