lundi 17 janvier 2011



Fénétrange, Moselle.


Et c'est brouillard,

Assombri comme si il était tard,

Soudainement répandu,

Sur toute la plaine étendu.

Au soleil pourtant,

Cet aujourd'hui partant,

Etait plein d'allant

Maintenant décevant,

Il s'est très vite défait

Au gris mauvais,

De la brume

Qui tout inhume,

Les contours s'échangent,

Dans la confusion se mélangent,

Dessin inachevé,

Par un tâcheron, mal gommé.

De ces nuées, langes souillés

Qui traînent leur peine à se lever,

Se laisse deviner, comme c'est étrange,

Une apparence, celle d'un ange ?

Un habitant des limbes,

Au pâle halo de nimbe,

Qui au mépris de cette fange

Sourit... aux anges.


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


dimanche 9 janvier 2011



Crépy-en-Valois, Oise.


Aujourd'hui,

Aux nuées qui fuient,

Les filles des champs se sont rembrunies

Non pas contrariées, mais toutes étourdies

D'une vélocité inattendue recouvrée.

De ces ces pesanteurs de neige débarrassées,

Tout en eau évacuée, dieu sait où,

Alors qu'il y en avait partout!

A respirer enfin, de l'étouffement libérées

Elles déroulent aux couleurs de terre retrouvées

Les rubans des champs reconstitués,

De taillis branchus re-dessinés .

Oui, les voilà comme prises d'allégresse

A tout oublier d'hier et de sa détresse!


Or, écoutez le météorologue très averti

Que je suis, qui vous dis,

" Ô filles de l'air sans soucis,

Des avanies de l'hiver ce n'est qu'un répit

Et des perfidies du ciel vous n'en avez pas fini!

Car de ce climat, dit-on déréglé,

Vous serez encore fort malmenées!


Ô Dieu du ciel, un poulet en offrande sacrifié

Saurai-il votre méchante humeur apaiser ? "


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 31 décembre 2010



Paysage.

Comme un oeuf brouillé

Le soleil, sur l'horizon attaché,

La césure du ciel orangé

Aux développements désaffectés

Des lignes des champs

Qui, au mauvais signe du temps

De leurs voussures des gels

Pétrifiés, au vide sans appel,

Déroulent les bandelettes

Blanches, à serrer le squelette,

De le nature morte, telle une romane gisante,

Etendue à perte de vue, débordante

Jusque aux monticules noyés de rouge,

Hors-champ, sans âmes qui bougent.

Ah, que ne puissé-je de cette défunte être l'embaumeur !

Comme aux temps anciens égyptiens le parfumeur,

Exauçant la promesse d'éternité,

De chaleur, bien entendu, enchantée!


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


dimanche 26 décembre 2010


Wingen-sur-Moder, Bas-Rhin.

Vingt-cinq Décembre, jour de fête

au ciel livide d'hiver la défaite,

des étendues blêmes de neige couvertes

au rien à attendre ouvertes.

Alors, elles filent,

à tout ce vide inutiles,

elles se défilent, filles nubiles

du grand froid qui tout annihile.

Triste état de désaffection

de la vanité de toute occupation,

il nous reste la pelle en bois

à racler la neige toutefois!

Ainsi du rien à faire sauvé,

une misérable activité de stupidité

comme seule destinée,

par la mansuétude du ciel nous est donnée.


J.C. Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


mardi 7 décembre 2010



Il neige

aujourd'hui encore,

à tout salir de noir et de beige.

Schneewitschen, lampadophore

lamentable de ce triste décor,

fée pernicieuse des vicissitudes

du nez, au pied des engelures, les turpitudes.

Wintermärchen dites vous?

Des émerveillements de garde-boue,

le voyage d'hiver chasse roue,

dans les scintillements de l'au-delà glacial échoue.

Ainsi à l'Etoile des Neiges des perfides artifices

rendu, au chant grave d'un de profundis!


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


jeudi 25 novembre 2010



Saint Priest-Palus, Creuse.


Alors les Effeuillantes bousculées

Aux vents de novembre entourbillonnées

Des journées qui peinent à se lever,

Par des sombres stratus enténébrées.

Des rapides éclaircies cependant

En grisailles de tendresses nous surprenant,

Clairs obscurs aux illuminations inattendues,

Dans l'opacité du ciel très vite perdues.

Des campagnes effeuillantées, les sedums,

Pâlichonnent encore, mais sous le peplum

Pesant des mauvais jours, étouffés,

Par la condamnation sans appel du pouce baissé.

Ce qui, en toute bonne raison,

Procède, sans conteste, d'un jugement de saison.


J.C Tannenbaum directeur de la station d’art météorologique

jeudi 18 novembre 2010



Chassey-lès-Scey, Haute-Saône.


Des pourrissements tout à l'alentour

Il reste les sedums, vivaces encore et toujours,

Aux chairs de belles fermetés de succulentes,

Comme caoutchoutées, d'épaisseur réconfortante

Aux brillances de glacure des texture charnues

Des tiges et des feuilles ovales dodues,

Des fleurs, à la guimauve de rose blanchie un peu pareilles,

A une même appétence pour ces ductiles douceurs éveille.

Les gris subtiles de ces plantes de rose et de vert grisé,

De couleurs semblables à ces brumes diaprées,

Si légères sur les campagnes suspendues, accrochées

Comme le sont ces rideaux de cotonnades ajourées,

Aux fenêtres des maisons contandines engourdies

Dans l'automne au confort paisible endormies.


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique