samedi 5 mars 2011



Saint Mamet-la-Salvetat, Cantal


Et les voilà de retour,

Les Mars, pour un séjour

comme sur un mouchoir

pourrait-on croire

sur ce carré de toile

sur lequel elles volent à voile

par le vent d'Est poussées

des voilures retroussées

un peu dénudées

déjà, au soleil montrées,

elles sont là de passage

bien sages au vagabondage

des bavardages de bon pressage

qu'elles propagent

aigrelets

dans l'air frais...


J.C. Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


mardi 22 février 2011



Cosne-Cours-sur-Loire, Nièvre.


Février.

Au pied levé,

non, rien n'est gagné!

Sous l'étoffe cachée,

la seconde, dans l'envolée

avec elle emportée,

sans pouvoir lui demander

où elle va la porter,

un voyage sans dessein,

enveloppées dans un même destin

poussé aux aléas du vent,

par ses caprices pour longtemps,

elles sont transportées par ci par là,

ça et là...

Mais que font-elles là ?

Foi de météorologue, je ne le sais pas !


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

lundi 14 février 2011



Vesaignes-sous-Lafauche, Haute-Marne.

Ah! Janvier long corridor

couloir vide et mort

qui peine à finir

avec pour seul avenir

de nous corridorer,

enfin! sur Février,

hiver toujours,

certes! mais il est court

le voici, maigrelet

peut-être, mais aigrelet

vif et ensoleillé,

déjà disposé

au réveil printanier,

suivi de canéphores ?

Aux paniers vides encore,

voyons! vous y allez fort,

de prime abord,

ce n'est qu'une métaphore

l'heure n'est pas encore

aux boutons d'or !


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 21 janvier 2011



Saint-Sulpice-les-Feuilles, Haute-Vienne.


A la couleur du ciel grenadine

Chlorhydrate de Lercanidipine,

De cette chimie elle sont les éponymes

Que les deux par le de, en une seule anime,

Par cette particule de l'une à l'autre éprises.

Aristocrates molécules indivises,

Que plus rien ne divisent,

A leurs corps à corps soumises,

De bon gré mal gré

Par les vents portés,

Avec les couleurs du soir elles se vaporisent

Dans les atmosphères, à toute éternité promises.


Mais dites moi,

Monsieur le météorologue, pourquoi

Cette surprenante médecine,

De pharmaceutique officine

Par quelque forte tension

Le ciel serait-il en congestion ?

Ces rousseurs par lui portées

Seraient-elles signe de mauvaise santé ?


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


lundi 17 janvier 2011



Fénétrange, Moselle.


Et c'est brouillard,

Assombri comme si il était tard,

Soudainement répandu,

Sur toute la plaine étendu.

Au soleil pourtant,

Cet aujourd'hui partant,

Etait plein d'allant

Maintenant décevant,

Il s'est très vite défait

Au gris mauvais,

De la brume

Qui tout inhume,

Les contours s'échangent,

Dans la confusion se mélangent,

Dessin inachevé,

Par un tâcheron, mal gommé.

De ces nuées, langes souillés

Qui traînent leur peine à se lever,

Se laisse deviner, comme c'est étrange,

Une apparence, celle d'un ange ?

Un habitant des limbes,

Au pâle halo de nimbe,

Qui au mépris de cette fange

Sourit... aux anges.


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


dimanche 9 janvier 2011



Crépy-en-Valois, Oise.


Aujourd'hui,

Aux nuées qui fuient,

Les filles des champs se sont rembrunies

Non pas contrariées, mais toutes étourdies

D'une vélocité inattendue recouvrée.

De ces ces pesanteurs de neige débarrassées,

Tout en eau évacuée, dieu sait où,

Alors qu'il y en avait partout!

A respirer enfin, de l'étouffement libérées

Elles déroulent aux couleurs de terre retrouvées

Les rubans des champs reconstitués,

De taillis branchus re-dessinés .

Oui, les voilà comme prises d'allégresse

A tout oublier d'hier et de sa détresse!


Or, écoutez le météorologue très averti

Que je suis, qui vous dis,

" Ô filles de l'air sans soucis,

Des avanies de l'hiver ce n'est qu'un répit

Et des perfidies du ciel vous n'en avez pas fini!

Car de ce climat, dit-on déréglé,

Vous serez encore fort malmenées!


Ô Dieu du ciel, un poulet en offrande sacrifié

Saurai-il votre méchante humeur apaiser ? "


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 31 décembre 2010



Paysage.

Comme un oeuf brouillé

Le soleil, sur l'horizon attaché,

La césure du ciel orangé

Aux développements désaffectés

Des lignes des champs

Qui, au mauvais signe du temps

De leurs voussures des gels

Pétrifiés, au vide sans appel,

Déroulent les bandelettes

Blanches, à serrer le squelette,

De le nature morte, telle une romane gisante,

Etendue à perte de vue, débordante

Jusque aux monticules noyés de rouge,

Hors-champ, sans âmes qui bougent.

Ah, que ne puissé-je de cette défunte être l'embaumeur !

Comme aux temps anciens égyptiens le parfumeur,

Exauçant la promesse d'éternité,

De chaleur, bien entendu, enchantée!


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.