mercredi 5 août 2015

Saint Fiacre.







Ah! voilà que menace l'orage,
Au grondement du ciel le présage,
Aux pluies mêlés, des grêlons,
Annonce-t-on, aussi tomberont,
Ce qui du ciel serait une injuste punition,
Alors que ces eaux seraient bénédiction
Sur ces terres de sécheresse craquelées
Qui font le malheur des maraîchers,
Si de surcroît devaient tomber des glaçons,
De ces fragiles cultures ce serait la destruction!
A quel Saint se vouer pour conjurer la malédiction?
Saint Fiacre serait le Saint homme de la situation,
Patron des jardiniers il fera tout pour les sauver.
Zélateur dévoué il s'employa à les protéger,
Tant et si bien que rien n'est tombé,
Ni pluie ni grêlons
Quelle déception!
Et de laisser les jardiniers consternés
Aux bons soins par eux même, de tout arroser,
Comme quoi, à ces Saints anciens, on ne saurait se fier.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


lundi 13 juillet 2015

Canicule.





Canicule, annoncent-ils
Qui hécatomberait disent-ils
Bon nombre de petits vieux
Dans ses mandibules de feu,
Maintenant les pales des ventilateurs
Brassent l'air des moiteurs
Quand se répandent les sueurs
Dans ces terribles chaleurs
Et que titubent dans la torpeur
Ces malheureux presque morts
Qui dans de vains efforts,
Tentent de se sauver de ce sort,
Funeste, mais rien n'arrête  la bête
Imbécile  qui sans fléchir s'entête
Qui de son poids colossal d'obèse
Monstrueux sur la ville pèse
Et étouffe tout signe de vie,
Imperturbable, sans sursis
Comme un énorme montgolfière
Gonflé d'atmosphère délétère mortifère...
Les voilà tous en prières pour se libérer de cet enfer,
Que souffle les vents  pour enfin le défaire!
Borée les entend et, libère le courant d'air salutaire
Qui atomise Canicule dans sa fureur meurtrière,
Alors la population délivrée de la terreur
Clame sa reconnaissance en choeur
"Alléluia! grâce te soit rendue dieu puisant et sévère
Et nous élèverons les stèles sacrées qui te vénèrent."
Voilà qui explique ces édicules de-ci de-là dressés,
Conjurer le démon pour qu'il ne revienne jamais!

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

lundi 29 juin 2015

Hématidrose.






Juin aux roses de l'hématidrose,
Avec ces fleurs en osmose
Il compose avec elles leur florilège
Dont elles sont les mélodieux arpèges,
Elles se lient entre elles en élégantes appoggiatures,
Couleur de sang très souvent comme une blessure,
Car de l'été condamnées à se conjuguer au passé
Et ainsi de saigner de toutes leurs fleurs le regret
De tant de beauté si vite fanée dans l'apothéose,
Quand elles jubilent et pleurent rouges et roses,
Ces fleurs dans un choeur grandiose,
Chantent la parousie dans l'hématidrose.

J.C Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.


mardi 2 juin 2015

Epiphane célibataire.






Baume-les-Dames, Doubs.

Et, il leur apparut tel un épiphane
Comme pour révéler à leur âme
Une prise de conscience, une Vérité
Lumineuse dont ils seraient privés
Ce qui ne manque pas de les troubler
Car cette Vérité ils préfèrent l'ignorer
Tant ils subodorent des désagréments
Dans l'énoncé d'un docte enseignement
Aux ambitieuses exigences morales
A les porter très haut dans la lumière idéale,
"Ce trop de lumière nous sera fatal! "
" Loin de ce prestigieux fanal"
"A l'éblouissement des célestes sphères"
"Des pénombres nous préférons le mystère."
Des splendides illuminations épiphane célibataire,
Quand de toute cette Vérité ils préfèrent se distraire.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 22 mai 2015

Démêlés du mois de Mai.






Démêlés du mois de Mai,
C'est ce que l'on pourrait penser
A les voir ainsi bien agités,
Avec cet homme au casque ailé
Qui de son doigt pointé
Désignerait quelque culpabilité,
A l'encontre de cette dame
Peut-être auteur de ce drame
D'une sorte de funeste noyade
Aux chaos d'une tornade, 
Des désordres stochastiques
Sans recours, la fin fatidique.
Alors désigner une culpabilité,
Quel vain procès à la fatalité.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

mercredi 22 avril 2015

Ritournelle.




Saint-Genouph, Indre-et-Loire.

Et, c'est la ritournelle des fleurs nouvelles
Qui d'années en années se renouvellent
De confettis jaunes et roses sur les bosquets
Sont comme pour des noces lancés
Et les voilà tout en gaieté retrouvée
Les fiancés en herbe primesautiers.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

dimanche 12 avril 2015

Rondeau.






Le Printemps.

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s’est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.

Il n’y a beste, ne oyseau,
Qu’en son jargon ne chant ou crie :
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye.

Riviere, fontaine et ruisseau
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d’argent et d’orfaverie,
Chascun s’abille de nouveau.
Le temps a laissié son manteau.

Observation météorologique de Charles d'Orléans (1394-1465).