vendredi 23 octobre 2015

Penthésilée.







Penthésilée de son arc bandé
Sans faillir d'une flèche a percé
Alexandre son ennemi haï et aimé
Qui ainsi fléché a succombé
Car à la reine des Amazones
Il est interdit d'aimer un homme
Selon le serment qui la lie,
Elle se devait l'occire sans merci,
Au dilemme de sa passion le défi,
Alors de la sauvagerie l'oraison
Par ses chiens le fit dépecer sans raison.
Maintenant la voilà qui désespère
De sa folie sanguinaire et carnassière,
Elle pleure de sa passion perdue le malheur
Et de désespoir de son épée se perce le coeur.

Au triomphe sacré du Devoir
Au mépris des passions, la Gloire!

J.C Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

samedi 3 octobre 2015

Billevesées.







Saint-Laurent-sur- Gorre, Haute-Vienne.

Phénomène de scissiparité,
D'un mois en deux ils se sont divisés,
C'est ainsi que October s'est séparé
De September sans égard rejeté,
Une bizarre chimie qui force
Une fois encore au divorce,
Ce qui semblait si bien uni
Par incompatibilité se détruit.
Ah! qu'en est-il de l'harmonie rêvée 
Dans un chaos si bien ordonné
En milliards de particules dispersées?
Billevesées vous dis-je, des billevesées!

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


samedi 26 septembre 2015

Au vent d'automne.




Charmont-sous-Barbuise, Aube.

Dans le ciel qui doucement grisonne,
Au vent d'automne ils s'abandonnent
Défiant les lois de la gravité
De tout leur poids ils sont enlevés
Soufflés, poussés, il les emporte
Loin d'ici il les transporte
De l'autre côté de la planisphère,
En exil relégués, il les transfère 
Astres balourds maintenant portés
Sous le signe du zodiaque opposé
Où de nostalgie éperdus,
Ils pleurent ce qu'ils ont perdu.

J.C Tannenbaum, directeur de la station d'art  météorologique.    


vendredi 18 septembre 2015

Passereaux.







Châteaumort, Haute-Vienne.

Dans le ciel de Septembre ils s'envolent
En décrivant de folles caramboles,
Tout au-dessus du château
Ils s'égaillent comme des passereaux,
Ou peut être des âmes prises en défaut
Dans cet édifice vide comme un tombeau,
Elles voltigent tout autour désemparées,
Ne sachant plus où se réconforter.

J.C Tannenabum, ornithologue.

jeudi 3 septembre 2015

Août s'en est allé.







Willgottheim, Bas-Rhin.

De soleil épuisé
Août s'est en allé
Laisser la place à Septembre
Son compagnon le plus tendre
Comme un régent de fin de règne
Quand du lustre de l'été, s'éteignent, 
L'une après, l'autre les furieuses lumières,
Tel le rituel des Offices des Ténèbres
Et, s'alternent jusque au crépuscule
Les antiennes de jours minuscules
Qu'ils chantent, de dolorisme épris,
Dans la nuit alors établie,
En choeurs mélismatiques...
Jusqu'au retour de l'été, extatique!

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

mercredi 5 août 2015

Saint Fiacre.







Ah! voilà que menace l'orage,
Au grondement du ciel le présage,
Aux pluies mêlés, des grêlons,
Annonce-t-on, aussi tomberont,
Ce qui du ciel serait une injuste punition,
Alors que ces eaux seraient bénédiction
Sur ces terres de sécheresse craquelées
Qui font le malheur des maraîchers,
Si de surcroît devaient tomber des glaçons,
De ces fragiles cultures ce serait la destruction!
A quel Saint se vouer pour conjurer la malédiction?
Saint Fiacre serait le Saint homme de la situation,
Patron des jardiniers il fera tout pour les sauver.
Zélateur dévoué il s'employa à les protéger,
Tant et si bien que rien n'est tombé,
Ni pluie ni grêlons
Quelle déception!
Et de laisser les jardiniers consternés
Aux bons soins par eux même, de tout arroser,
Comme quoi, à ces Saints anciens, on ne saurait se fier.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


lundi 13 juillet 2015

Canicule.





Canicule, annoncent-ils
Qui hécatomberait disent-ils
Bon nombre de petits vieux
Dans ses mandibules de feu,
Maintenant les pales des ventilateurs
Brassent l'air des moiteurs
Quand se répandent les sueurs
Dans ces terribles chaleurs
Et que titubent dans la torpeur
Ces malheureux presque morts
Qui dans de vains efforts,
Tentent de se sauver de ce sort,
Funeste, mais rien n'arrête  la bête
Imbécile  qui sans fléchir s'entête
Qui de son poids colossal d'obèse
Monstrueux sur la ville pèse
Et étouffe tout signe de vie,
Imperturbable, sans sursis
Comme un énorme montgolfière
Gonflé d'atmosphère délétère mortifère...
Les voilà tous en prières pour se libérer de cet enfer,
Que souffle les vents  pour enfin le défaire!
Borée les entend et, libère le courant d'air salutaire
Qui atomise Canicule dans sa fureur meurtrière,
Alors la population délivrée de la terreur
Clame sa reconnaissance en choeur
"Alléluia! grâce te soit rendue dieu puisant et sévère
Et nous élèverons les stèles sacrées qui te vénèrent."
Voilà qui explique ces édicules de-ci de-là dressés,
Conjurer le démon pour qu'il ne revienne jamais!

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.