vendredi 21 juin 2013







Juin, Neuried - Ortenau.

Le ciel est calme sans alarme,
Nonchalants des alto-stratus planent
Et s'étirent dans des lentes blancheurs
Dans la douceur de molles vapeurs
Au-dessus des jardins en fleurs,
Où dans la quiétude de l'heure
Rien d'un chagrin n'affleure.
Nous les avons vus enfants sages,
Planer comme des nuages
Sur les campagnes candides
Dans le ciel splendide et vide
Junon, Pronuba, Lucine, une supposition
Pour leur prêter un nom
Et nous donner une explication
D'une bonne raison à cette saison
Avec toutes ces fleurs,
Peut-être en leur honneur?
Réponse possible, pourquoi pas,
A ce fugace bonheur ici-bas.
Par la faveur de leur rapide passage,
Sans doute ce jour sans dommage.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 31 mai 2013





C'est le mois de Marie.

Dans un grand frais,
Mai se trouve stupéfait
De se trouver déjà défait
Sans avoir comblé de bienfaits
Les populations consternées
Si cruellement dupées
De leurs attentes trompées.
De douceurs rien n'a été donné,
Toutes ses promesses, oubliées! 
Par cette duplicité très déprimés,
Les voilà  tous malheureux piteux
D'être aimés si peu
De Mai, honni pour un tel désaveu.
L'apostat de son manquement  honteux
Dans son manteau de pluies
Maintenant, très vite s'enfuit.
Ah! ce mois de Marie,
Le plus beau est-il dit,
Nous laissera toujours marris 
Des plaisirs promis.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

lundi 22 avril 2013





Avril.

Du chaud au froid Avril 
Comme il se doit  s'enfile
Versatile comme on le sait
Néanmoins avec lui renaît
En blancheur rosée le magnolia
Qui au printemps donne le la
Avec en contrepoint la couleur
Des cerisiers l'éclatante pâleur
Parés comme de jeunes mariées
A la fête d' Hyménée dédiés
Au chant nuptial sur les campagnes
Les suaves harmonies les épithalames.
Ah! de cette poésie chantilly que de bonheur
Mais de ces délices aussi, les hauts-le coeur!

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

jeudi 28 mars 2013






Fresne-Saint-Mamès, Haute-Saône.

En son mois un tantinet frisquet
Mars compte ses jours avant de migrer
Se laisser oublier et disparaître
Des calendrier aux petites fenêtres
Au temps grégorien compté
Voulu par un pape et des astronomes
Les jours ainsi s'additionnent
Pour faire de nos vies la somme
Avec ses feuillets enlevés le fatum

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 22 mars 2013





Saint-Florentin, Yonne.

Les Germinées maintenant révélées
Par Mars guerrier en jardiner improvisé
Car comment s'opposer à leur volonté
Que rien ne saurait réfréner à vouloir exister 
Pour fleurir et arborer la nature entière,
Défier de ce dieu les fureurs meurtrières.
Encore recroquevillées comme des haricots
Cocos, les voilà très vite à le prendre en défaut   
De toute cette féminité moqué,  tout penaud
Raillé par ces femmes, il n'est plus le héros
De ces campagnes où maintenant dévoilées
Elles triomphent dans leur beauté à le narguer.
De sa fière virilité frustré, fort déconcerté
A se trouver de sa rutilante armure dépareillé
Maintenant sans utilité dans son état de jardinier
Aux bons soins de ces splendides créatures occupé

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.



samedi 16 mars 2013






Saint-Rambert-d'Albon, Drôme.

Et avec le mois de Mars le dieu de la guerre éponyme
Reprenait ses campagnes guerrières, beau généralissime
Emplumé du casque et de métal rutilant appareillé,
Mais nous le vîmes aussi de sa seule nudité habillé
Car pour être un dieu de toute atteinte il est hors de portée,
Alors de batailler, massacrer d'innombrables héros musclés.
Ah! les beaux jours des fraîcheurs ensoleillées
Sur ces campagnes à ces échauffourées colorées livrées,
Combien la guerre état jolie
Quand Mars se livrait à ses folies!
Où sont-ils maintenant ces splendides capitaines ?
Envolés, soufflés par ce dieu belliqueux comme des pollens.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


lundi 4 mars 2013







Mars.

Mars au pied levé jette le drapé jaune
Où s'étouffent de l'hiver les syndromes
Que le temps des fleurs jaunes presse
Jonquilles et forsythias à paraître s'empressent
Et les saules eux aussi déjà jaunissent
Ictère qui les atteint tous sans qu'ils en pâtissent 
Rien ne saurait mettre en souffrance
De ces fleurissements l'irrésistible incontinence
Au jaillissement de couleur citron acide
Jusqu'aux plus lointaines thébaïdes
Telle une musique, aiguë, dodécaphonique
Des gammes chromatiques jaune azoïque.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.