samedi 30 avril 2016

Ephélides







Mélanome l'arme au repos,
D'une négociation engage le propos,
Vaine tentative à vouloir dissuader
Les Ephélides de rousseur consteller 
L'univers tout entier de leurs grains,
Qui prétendent-elles, lui sied si bien
Car de beauté ils sont nommés,
Comme semailles elles les ont jetées
Qui pareilles à des étoiles dans le firmament,
L'éclairent de leur étrange rougeoiement, 
Des taches sur l'universel épiderme éparpillées,
Confettis suspects , il y a lieu de s'en inquiéter,
Quand la peau d'une flore étrange contaminée, 
Se couvre de fleurs de purulence infectées,
Lèpre odieuse, morbifique dégénérescence, 
Qui assigne ce beau monde à une putride déliquescence.

"Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!"
Baudelaire.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

mardi 19 avril 2016

Infortune.







Quand de noires turpitudes le ciel menace,
Le spectre de la terreur les embrasse,
Dans la fuite ils pensent trouver leur salut,
Au-dessus de leurs têtes l'épée à bras tendu
De l'haruspice des mauvaises augures,
Messager de l'effroi des fatalités sans futur,
Pourquoi au malheur seraient-ils condamnés?
Peut-être du seul inconvénient d'être nés,
De ce fameux péché originel,
Pèse lourd toujours la séquelle,
Jusqu'au ciel qui les poursuit de sa rancune,
Pauvres créatures voués à leur injuste infortune.
A jamais livrés à cette  terrible malédiction
Des voies célestes sans absolution.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

jeudi 7 avril 2016

Des voies célestes la trahison.




Saint-Leu, île de la Réunion.

Dans un décor de botanique exotique,
Au poids de son corps livrée, Aérolithe
Chute! serait-ce le ciel qui périclite
Qui ainsi dans un tel vertige la précipite?
Hippolythe qui l'a tant aimée,
Droit dressé par ce drame stupéfait, 
La main ouverte comme pour l'accueillir, 
Elle tombe pas loin de lui pour périr...
Du chaos cosmique la déraison,
Des voies célestes bienveillantes, la trahison
Quand se dérobent les attractions magnétiques,
De la foi à l'universelle éternité l'illusion fatidique?

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologiques.

vendredi 11 mars 2016

Le Pré aux Clercs.







Paris, Île-de-France.

Observateur météorologique témoin de ce conflit 
Très musclé où les deux belligérants ont péri
A s'embrocher avec adresse de leurs lances,
Sur les pas de danse bien enlevés du non sens,
Le ballet sauvage d'un sanguinaire combat,
Furieusement mené jusque à sa fin par leur trépas,
On se raconte maintenant l'histoire épique
De ces héros de bravoure au delà du fer qui pique
Qui perce, fourrage  vide de leur sang les entrailles,
Sans que jamais leur vaillance  ne défaille,
Honneur leur sera rendu avec de belles funérailles,
Consécration d'une bataille qui peu me vaille.
A tu et à toi dans la haine confondus
Très équitablement ils s' entretuent!

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

mardi 8 mars 2016

Une météorologie assassine.



Voici une météorologies assassine, 
Avec l'amour propre point on ne badine,
Les voilà tous les deux à se livrer à l'horreur, 
Car estiment-ils atteints dans leur honneur,
Terrible contentieux d'un mutuel ressentiment
Qui exige règlement dans un bain de sang,
Quand une histoire de femme les diffame, 
A perdre leur âme ils se condamnent,
Ainsi au fil de l'épée les dés sont jetés,
Funeste destiné quand l'estomac percé
Le malchanceux emporté aux aléas du sort,
Laisse alors cette querelle sans ressort,
A la satisfaction de celui qui si bien s'en sort,
Son triomphe lui donne un jubilant réconfort,
Du camouflet il a réparation, il est le plus fort,
Car n'est-ce pas, un mort a toujours tort.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


mercredi 24 février 2016

Vénus & Adonis.




C'est une météorologie d'une grande cruauté
Que celle qui par Ovide nous est racontée,
Où Adonis par un féroce sanglier est malmené,
Ephèbe  d'une grande beauté par Vénus tant aimé,
C'est elle pourtant qui l'a encouragé à tuer la bête,
Combat terrible où dans une sanglante défaite,
C'est lui, beau héros lumineux qui a succombé, 
Le voilà au sol en chairs vilainement déchiquetées,
Affreux carnage et la bête en rage 
La  misérable dépouille encore saccage! 
Vénus horrifiée  de douleur éperdue effondrée, 
Hurle la perte de son amant adoré,
Inconsolable ses larmes ont donné jour
A une rivière dite de l'affliction qui coule toujours.

Maintenant station thermale très prisée
Des amants esseulés, pour leur chagrin y soigner.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


samedi 6 février 2016

Foehn.









Ames malades des fièvres hivernales,
Elles sont happées  par une destin fatal 
Quand Foehn les emporte  dans son sillage
Où en rien funeste fortune ne leur présage,
Aussi elles se laissent aller au voyage,
Fol vagabondage dont elles seront les otages
Quand la tiède haleine émolliente de Foehn
Les dissout en tisane de jeune,
Laquelle en vapeur réduite, il inhale, 
Aspirée par sa puissante inspiration infernale,
Il laisse maintenant ces espaces, aseptisés et vides  
Où des miasmes libérés résonne comme un lied
Qui pleure la fin de ces malheureuses âmes
Que ce mauvais sort infâme condamne.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.