mardi 8 mars 2016

Une météorologie assassine.



Voici une météorologies assassine, 
Avec l'amour propre point on ne badine,
Les voilà tous les deux à se livrer à l'horreur, 
Car estiment-ils atteints dans leur honneur,
Terrible contentieux d'un mutuel ressentiment
Qui exige règlement dans un bain de sang,
Quand une histoire de femme les diffame, 
A perdre leur âme ils se condamnent,
Ainsi au fil de l'épée les dés sont jetés,
Funeste destiné quand l'estomac percé
Le malchanceux emporté aux aléas du sort,
Laisse alors cette querelle sans ressort,
A la satisfaction de celui qui si bien s'en sort,
Son triomphe lui donne un jubilant réconfort,
Du camouflet il a réparation, il est le plus fort,
Car n'est-ce pas, un mort a toujours tort.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


mercredi 24 février 2016

Vénus & Adonis.




C'est une météorologie d'une grande cruauté
Que celle qui par Ovide nous est racontée,
Où Adonis par un féroce sanglier est malmené,
Ephèbe  d'une grande beauté par Vénus tant aimé,
C'est elle pourtant qui l'a encouragé à tuer la bête,
Combat terrible où dans une sanglante défaite,
C'est lui, beau héros lumineux qui a succombé, 
Le voilà au sol en chairs vilainement déchiquetées,
Affreux carnage et la bête en rage 
La  misérable dépouille encore saccage! 
Vénus horrifiée  de douleur éperdue effondrée, 
Hurle la perte de son amant adoré,
Inconsolable ses larmes ont donné jour
A une rivière dite de l'affliction qui coule toujours.

Maintenant station thermale très prisée
Des amants esseulés, pour leur chagrin y soigner.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.


samedi 6 février 2016

Foehn.









Ames malades des fièvres hivernales,
Elles sont happées  par une destin fatal 
Quand Foehn les emporte  dans son sillage
Où en rien funeste fortune ne leur présage,
Aussi elles se laissent aller au voyage,
Fol vagabondage dont elles seront les otages
Quand la tiède haleine émolliente de Foehn
Les dissout en tisane de jeune,
Laquelle en vapeur réduite, il inhale, 
Aspirée par sa puissante inspiration infernale,
Il laisse maintenant ces espaces, aseptisés et vides  
Où des miasmes libérés résonne comme un lied
Qui pleure la fin de ces malheureuses âmes
Que ce mauvais sort infâme condamne.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

mardi 12 janvier 2016

Echo.





Maignelay-Montigny, Oise.

Janvier comme un  long couloir  désaffecté,
Echo esseulée lance un appel pour l'habiter
Et ses mots ainsi jetés en réponds font écho,
Alors surgissent les âmes qui faisaient défauts
De leur paresseuse somnolence réveillées
Elles s'étirent de leur lit de brume, hébétées
A se demander à quoi bon cet appel à se lever
Ne sachant à quel devoir elles seraient appelées,
Serait-ce pour occuper ce temps insipide,
A la seule fin de peupler ces espaces livides?
Que n'eussent-elles laissé cet écho, sans écho,
Le laisser se perdre dans le vide sans maux,
A quoi bon cet appel à ce vain sursaut
Quand le nature assoupie invite à l'ultime repos?


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

mardi 8 décembre 2015

Vertigo.







Il l'a enlevée celle convoitée
Arrachée à sa mère désespérée
La fureur d'aimer du Centaure sans pitié
Se moque de ce qui à son désir irait se refuser
Car tant sont redoutables ses terribles ruades
Qui terrifient  ces malheureuses naïades
Livrées au seul secours de leurs jérémiades 
Dont il n'a cure,  l'enlève dans sa cavalcade
De bête furieuse au grand trot de sa libido
Dans un effrayant rodéo au funeste vertigo,
Aux couleurs terribles d'une fin assassine
Alors de pourpre le ciel fulmine.


J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.
  

jeudi 3 décembre 2015

Jour insipide.







Longeau-Percey, Haute-Marne.

Décembre au jour insipide
Quand tout au gris le ciel se vide
Ils sont là cependant
Occupés à se flatter le flanc
En mouvement très alerte
Dans la campagne de vie inerte
Non, en rien cela les déconcerte
De l'un  l'autre ils font la découverte
Ici à tourner en rond folichons
A donner bonne raison à leur déraison
Car, à s'occuper de cette façon
Est-ce encore de saison?

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.

lundi 23 novembre 2015

Novembre.







La Saulsotte, Aube.

Peut-être Novembre qui s' effeuille 
Qui spontanément rimerait avec deuil
Alors que le ciel  est guilleret
Une ambiance très en gaieté 
Toutes ces feuilles tourbichonnées  
Seraient comme des cotillons emportés
Par les appels d'airs provoqués 
Aux passages de danseurs enthousiasmés
Qui n'ont de cesse à renouveler les pas cadencés
De rondeaux aux arabesques compliqués
Et puis tout se calme quand à bout de souffle
Ces feuilles au pied des arbres s'emmitouflent 
Et là lentement se décantent empilées pèle-mèle
Se métamorphosent en délicates dentelles.

J.C Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.