mercredi 30 octobre 2013

Horaire d'hiver.






Dompierrre-sur-Besbre, Allier.

De l'été, oubliés les horaires solaires.
Maintenant ceux des pâleurs de l'hiver
Laissent tomber leur voile sur le jour
Comme une tristesse de désamour
Quand faiblit le feu de la passion
A l'économie des basses tensions
Dans la mélancolie des pénombres
Quand, atone la vie sombre
Dans la somnolence de l'aboulie
Où, dans la grisaille tout s'évanouit.

Mais dans le ciel nous avons observé
Des témoins attardés de l'été passé
Ils sont là encore qui, en vols circulaires,
Nous disent adieu avant de disparaître,
Comme ces oiseaux qui dans le ciel s'étirent
En trilles stridentes pour finir dans le nadir.

J.C. Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.



lundi 21 octobre 2013

Le Saint-Rosaire.






Lumigny-Nesles-Ormeaux, Seine-et-Marne.

Octobre honore le Saint-Rosaire,
Anniversaire d'une guerre
Gagnée sur les impies à Lépante naguère
Grâce à l'intercession de la très Sainte-Mère.

Ainsi avec Octobre, quand les roses se fanent,
S'égraine le rosaire de la Sainte Dame,
Le boulier sacré des oraisons mystiques,
D'un pieux décompte d'Ave arithmétiques,
Aux psalmodies des ferveurs catholiques,
La patiente incantation métaphysique,
Sous le ciel d'Octobre énigmatique
Comme un mystère de lumière erratique
Où se confondent les âmes fantomatiques
Au miracle de la révélation extatique.

Ah! du chapelet les boules au bout des doigts
D'un grand émoi l'indicible acte de foi.


J.C Tannenbaum directeur de le station d'art météorologique.

samedi 28 septembre 2013

La Licorne.





Saint- Vit, Doubs.

En douceur atténué un ciel d'automne,
Du rose des pudeurs la licorne unicorne,
Sortie du dessus de la tête l'excroissance
Epée de Dieu dit-on, à inoculer les semences
Du Saint-Esprit aux fluides de la transcendance 
Dans le jaillissement sublime de la connaissance,
Là sous les bosquets aux feuillages jaunissants
Où se joue la joute saugrenue du renaissant        
Fatalement obstinément, le recommencement 
Des cycles de l'engendrement des étés suivants, 
Dans la confusion des auxiliaires intimement,
A l'éternel retour dédié bien évidemment,
De revenir ainsi toujours inlassablement,
Régulièrement, jusqu'à la fin des temps,
N'est-ce pas ce que l'on prétend?

J.C Tannenbaum, directeur de la station d'art météorologique.

vendredi 6 septembre 2013

Un sceptre d'ambre.





Saint-Mihiel, Meuse.

Septembre de l'été déclinant le roi tendre
A sa cour qui l'a aimé il tend son sceptre d'ambre
Il livre ainsi  de son mois les fruits en offrande
Ses courtisans  tendent les lèvres gourmandes
De leur concupiscence, pressés de succomber
Au plaisir par le sceptre du souverain donné
Qui, quand de sa munificence il les aura comblés
Alors épuisé il ira un peu dépité se retirer
Vers un ailleurs et les délaisser, livrés au regret
A se morfondre et attendre le retour du bien aimé
Et  dans les caves comme dans une banque à conserver
Les fruits de la félicité dans des bocaux bien fermés.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique. 

samedi 31 août 2013

Août s'en va.




Ervy-le-Chatel, Aube.

Août de soleil lassé s'en va
S'élève dans l'air comme un aérostat
Avec lui il emporte ses jours et ses semaines
Qui derrière lui s'envolutent telle une traîne
Où s'emmêlent tout ceux qui ont peuplé l'été
Qui à peu près passé est déjà un peu fané.
Vers quelle destination se porte ce cortège
Celle de l'indéfini où tout se désagrège?
Des nostalgies il serait le bizarre monôme
Qui irait se défaisant en autant de fantômes
Ames évasives dans l'univers des songes
Aux contours improbables d'un mensonge? 

J.C Tannenbaum directeur de la station d"art météorologique. 


dimanche 25 août 2013

Les marcaires.




Xonrupt, Vosges.

Le ciel s'est couvert sombre et vert sur Xonrupt
Prémices de désordres pervers de rupt?
Les marcaires expérimentés à lire dans les nuées
Y ont vu se dessiner sans se tromper un destrier
Monté d'un cavalier guerrier coiffé d'un casque à plumet
Rouge, une femme aussi développant de son poignet
Un vaste drapé déroulé dans les cieux tourmentés
Comme une lourde pèlerine assassine à vous étouffer
Et les vachers apeurés se mettent à l'abri
De cette alerte au grand cheval pie ils se défient
Baromètre du malheur quand le grand rupt a son heure
Ses fureurs de tous les désordres leur font peur.
Mais quand le ciel impavide
De ces passions se vide
Et que plus rien de ces troubles ne menace
Les prairies inondées en seront la seule trace.
Et cela sera le retour paisible des vaches
Qui brouteront  l'herbe sans que rien elles en sachent.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique. 

lundi 19 août 2013

Fait-Divers.







Longemer, Vosges.

Il l'a tellement convoitée durant cet été,
Alors sur Podagyre cheval des rêves enfiévrés,
Le voilà au-dessus des flots emporté
Dans une chevauchée du désir exaspéré, 
Pour enlever Cyllène de son royaume des eaux,
La ravir et enfin assouvir sa terrible libido,
Au grand effroi de ses soeurs les Limnades,
Que menacent du cheval les brutales ruades,
L'homme et la bête dans une même furie,
Sont déchaînés dans la sauvagerie de leur folie,
Fantasmagorie que plus rien ne contrôle,
Dans cet ouragan la malheureuse s'envole,
Sans retour promis, à jamais meurtrie,
De ces intempéries irrévocablement flétrie.
Et puis, quand tout est fini
Et que s'installe l'oubli,
Restent les anales de la météorologie
Qui, d'un fait- divers font la mythologie.

J.C Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.