vendredi 29 mai 2009



Dabo, Moselle.

Le ciel ici, aujourd'hui, a-t-il été le même très autrefois, celui que le comte de Dabo voyait du haut de son rocher fortifié? Il n'aura pu voir que ce que je vois, le ciel immense au-dessus des sapins. Un ciel impavide, quoique très agité d'orage aux brutales turbulences, avec des bouffées épaisses de nuages aux presque noires couleurs indigo foncé, comme celles échappées de brutales canonnières.
Et, après coup, les canonnades apaisées laissent traîner de molles écharpes grises, allant s'échapper, en s'effilochant dans les arbres, alanguies, s'évaporer dans le ciel calmé, comme si de rien n'avait été.

Le directeur de la station d'art météorologique  J.C. Tannenbaum. 

mercredi 20 mai 2009



Le ciel état d'âmes.

Les âmes, les corpuscules qui voltigent dans l'air.
Toujours en mouvement, elles virevoltent à corps perdus dans l'air et, celui du ciel, leur état.
Elles sont comme les virgules d'une ponctuation. La respiration d'un discours, car "à l'âme appartient le discours qui s'accroît lui même". Si l'on en parle ainsi, c'est que ces petits corps paraissent toujours se mouvoir, quelle que soit d'ailleurs la profonde tranquillité de l'air. C'est par la même raison qu'Ils ont dit que le souffle est la mesure même de la vie. Parce que ces particules de l'extérieur, pénètrent dans le corps durant la respiration. Elle constituent ainsi les corps qui sont les entéléchies de l'abandon, dans le temps des éphémérides, à corps perdus.

Lectures, le directeur de la station d'art météorologique J.C. Tannenbaum.


mardi 12 mai 2009



Léonce-les-Huis-aux-Bois.
du 6 au 12 Mai.

Pluies et éclaircies se succèdent, aux alternances de vapeurs humides, dissipées par l'apparition soudaine, d'éblouissantes lumières, si fugaces
aussitôt éclipsées aux tristes obscurités de nouvelles nuées mouillées et,
par sans cesse, qui finissent par prendre le dessus, en couvrant le tout ensemble, d'un voile de grisaille.
Dans les prairies mouillées, indifférente, l'aubépine pousse hors de ses branchages, des fleurs rustiques à coupoles blanches.

Le directeur de la station d'art météorologique, Jean Claus Tanenbaum.




mardi 5 mai 2009



Sermaize-les-Bains.

Petit frais persistant toute la journée, grise.
Les Sermaizes, sans emploi des bains oubliés et sans usage, vont et viennent, occupées à on ne sait quoi.
Les gallo-romains et les mérovingiens, dit-on, se rendaient à cette source pour leurs ablutions. Et aussi, plus tard, des dames avec de grands chapeaux très fleuris et de vastes robes compliquées, des messieurs à chapeaux ronds et barbiches, moustaches, laquées, venaient y prendre les eaux. On y dansait aussi, le Dimanche, dans la salle des fêtes du casino.
Maintenant, au-dessus de tout, les Sermaizes décrivent de l'oubli, les acrobatiques arabesques.

Le directeur de la station d'art météorologique, Jean Claus Tannenbaum.

vendredi 1 mai 2009



Cricqueboeuf. Vendredi soir.

La tombée du jour de crépuscule embrassée aux dorures passées déjà aux ombres de la nuit par lui enlevée

et de sombrer dans l'oubli toutefois aux promesses de l'aurore des dorures les mêmes aujourd'hui restaurées .

Note de lecture. J.C. Tannenbaum directeur de la station d'art météorologique.



mercredi 29 avril 2009



Honfleur - Etats du ciel.

Dans le musée de Honfleur, Eugène Boudin nous parle de la pluie et du beau temps. Parler de la pluie et du beau temps, les plus belles conversations, n'est-ce pas? Ces conversations nous entretiennent ici des états du ciel dans les constantes métamorphoses de ses éclairages colorés magnifiques, en mouvement sans cesse au-dessus des côtes normandes et flamandes, brassées par les eaux beiges des mers, de la Manche et de celle du Nord. Des peintures du ciel illimité, sur des modestes rectangles de toiles ou de papier, peintures à l'huile, peintures à l'eau ou encore à la craie, ou aussi aux crayons de couleur.
Un art poétique de météorologies qui nous parle d'un climat, d'une géographie, d'une province, d'ici et de nulle part ailleurs.
La peinture a témoignée très longtemps dans son histoire d'un climat, de la météorologie provinciale de ses origines, des lieux où elle est née, le terrain de sa culture déterminé par un climat.
Est-ce le cas aujourd'hui, l'art contemporain témoignerait-il du climat de pays et de provinces, de leurs éclairages particuliers? Ne serait-il pas confiné dans une serre... climatisée, commune à tous les artistes, celle de la globalisation, de la pensée unique d'une esthétique mondialisante?

Observations du directeur de la station d'art météorologique Jean Claus Tannenbaum.

lundi 27 avril 2009



Château-Thierry, Dimanche.

Journée ensoleillée.
Sur la fin de l'après-midi, apparaissent dans le ciel, en grand nombre, entraînant avec elles une sorte de lourde bâche vermillon, des Humeurs très agitées ; elles ponctuent le ciel de virgules nerveuses comme les signes annonces inquiets d'un orage inattendu; confirmé très rapidement avec un grand fracas.

Aétius.
Diogène d'Apollonie disait que la chute du feu sur le nuage humide - en provoquant son extinction - produit le tonnerre, et à cause de son éclat, l'éclair; quant au souffle, il est une cause concourante.
(Opinions, III, III, 8.)